Le périple d’Alban à vélo, Partie 2 : Son volontariat en Espagne et l’arrivée du confinement

Posted by: Naomi Category: Non classé 1 Post Date: 2020-06-02

Le périple d’Alban à vélo, Partie 2 : Son volontariat en Espagne et l’arrivée du confinement

Alban, jeune belge de 26 ans, est parti avec le SVI sur un projet de volontariat en Espagne . Pour rejoindre son projet, il n’a pas choisi d’y aller en train, ni en avion, ni en voiture. Et non, il a décidé d’enfourcher son fidèle compagnon à deux roues, son vélo. C’est en septembre dernier qu’il débutera son aventure pour arriver le 21 février en Andalousie afin de débuter son volontariat. Lors de son périple Alban a pris le temps de vivre, de se retrouver, mais aussi de rencontrer, de questionner, de découvrir… Avec lui, nous verrons que le voyage ce n’est pas seulement la destination à atteindre mais bien l’aventure qu’on vit tout au long de la route. 

Lors d’un précédent article nous avons pu suivre le trajet aller d’Alban pour rejoindre son projet de volontariat en Espagne. Pour ce deuxième article nous allons être plongé avec lui au cœur de son volontariat au sein de la communauté de Cortijo los Baños auprès de l’association Al Hamam . Il avait tant de choses à vous partager qu’on en a fait un article spécial et nous poursuivrons le suivi de son aventure pour son retour en Belgique à vélo avec un autre article prochainement.

On vous laisse maintenant voyager avec son témoignage !

Les premières rencontres

Quand je suis arrivé le 21 février. J’ai d’abord rencontré la coordinatrice du projet, au hasard d’une ruelle entre les bâtiments de Cortijo los Baños. Elle m’a emmené vers Gaia, l’espace commun où on mangeait. En descendant l’escalier, il y avait beaucoup de jeunes assemblés autour des tables, ils ont tournés la tête vers nous et je me suis senti comme envahi d’une joie. L’excitation de faire à nouveau partie d’un groupe, de rencontrer toutes sortes de gens et de nouer des relations avec eux me plaisait.
Ce premier mois sera très important pour moi, et salvateur, dans le sens où il m’a apporté beaucoup d’énergie sociale positive.

C’est parti, on découvre le projet de reforestation, notre endroit de vie : une cabane à l’écart de la communauté où on logeait entre volontaires internationaux court-terme.
La communauté accueillait quelques 30 personnes : bénévoles court terme et long terme, coordinateurs qui habitent ici depuis plusieurs années et quelques électrons libres (qui sont en vérité des bénévoles mais depuis plusieurs années)


Le déroulement de ses journées

Le matin, après avoir déjeuné des tartines toastées avec du coulis de tomates à l’ail, le tout arrosé abondamment d’huile d’olive, on se répartissait entre les différentes tâches: la moitié du groupe allait en reforestation, musique sur l’épaule, planter des Pauwlonia et arbres originaires de la région.
La technique était la suivante : on plantait un Pauwlonia (originaire de Chine et de Corée) qui a les avantages de pousser vite et, avec leurs larges feuilles, faire de l’ombre plus rapidement aux arbres voisins, eux originaires de la région : figuiers, ormes, grenadiers et tamarix.
Aprés que les arbres indigènes se soient développés, les Pauwlonia seraient sûrement remplacés par des espèces indigènes.
C’est une des techniques utilisées en milieu désertique : parce que oui, le désert de Tabernas est le plus grand d’Europe !
Une fois plantés, on se débattait avec les tuyaux pour faire arriver l’eau jusqu’aux arbres.
Une autre tâche était celle des animaux et du potager.
On servait la tambouille à Ying et Yang qui s’en empiffraient en quelques secondes. En voyant leur ventre toucher le sol, je me demande encore pourquoi on les nourrit. Ces cochons n’étaient pas aveugles mais avaient la particularité d’avoir les yeux enfoncés dans 6 cm de peau.
Pendant ce temps, l’oie essayait de nous mordre les mollets, en furte. Le mois suivant j’ai appris à le connaître et il paraissait plus curieux qu’agressif. Parfois il venait à côté de nous et nous regardait travailler.
Au potager on se chargeait de récolter les légumes pour la cuisine et, même si l’association aimait parler de souveraineté alimentaire, on ne produisait qu’une partie infime de notre consommation. Mais c’est déjà ça.
La dernière tâche possible était celle d’entretenir les fleurs, pelouses et arbres de la propriété (mais cette tâche était hors du projet de reforestation).
J’ai pu avoir la chance d’arroser une pelouse en plein désert, parce qu’avec la venue du Corona, je ne pouvais pas quitter le lieu et j’ai donc été intégré aux autres bénévoles et ainsi aux autres tâches. Je suis resté en tout 3 mois alors que je ne devais en rester qu’un.


Ses ressentis par rapport à son projet de volontariat

Outre quelques divergences d’opinions, le lieu et les habitants étaient super.
L’association est installée sur plusieurs niveaux de terrains (sur des anciennes thermes, d’où le nom de Cortijo los Baños), ce qui permet d’avoir de l’ombre à différents moments de la journée, et surtout d’avoir un lieu de vie accueillant et mystérieux (même après 3 mois je découvrais encore de nouveaux endroits).

Il y avait de nombreuses salles libres où l’on pouvait organiser ses activités avec l’aval du groupe ou participer aux activités proposées (méditation active 1, méditation, massage méditatif, méditation active 2, chants méditatifs, danse méditative, etc…).
La yourte était un endroit plus calme où on y allait pour faire une sieste ou chanter guitare à la main en duo improvisé.


L’arrivée du confinement :

Lorsque le confinement est arrivé, beaucoup de volontaires ont été pris de panique et sont rentrés chez eux avant que les frontières ne se ferment.
L’ambiance a beaucoup changée, je m’inquiétais pour la suite de mon voyage (qui devait me porter au Maghreb), l’énergie de groupe a beaucoup changé et chacun.e était plus renfermé sur soi.
Rapidement, une autre énergie a pris le dessus, et le confinement nous paraissait très lointain. D’ailleurs c’était peut-être le meilleur endroit pour vivre le confinement, avec ni entrée ni sortie de gens, on vivait et travaillait comme d’antan.
Cette situation particulière de villes désertes m’a interpellé et, au départ, j’ai été pris d’une curiosité consommatrice et ai voulu quitter la communauté pour traverser l’Espagne et la France pour la Belgique.
Les information qu’on entendait de nos proches nous paraissaient délirantes, les journaux qui présentaient les nombres de morts nous semblaient énormes. De notre point de vue, sans étant confrontés à la réalité le monde extérieur nous paraissait en déroute.
Deux fois j’ai repoussé la date de mon départ, la peur d’être confronté à des situations qui dépassent mon contrôle et celle évidemment d’être expédié en Belgique en train ou avion et d’y vivre mon confinement comme un oiseau auquel on a coupé les ailes. Bien qu’étant la réalité de beaucoup de gens, ce n’était pas la mienne et elle n’était pas envisageable pour moi.
Le départ pour une nouvelle aventure : le retour en Belgique en vélo
Je suis donc parti, le cœur léger et l’esprit sûr après une semaine que l’Andalousie soit passée en phase 1 de dé-confinement, avec dans mes bagages les attestations de l’ambassade belge d’Espagne comme quoi je rentrais bien chez moi, et celle de l’association comme quoi j’avais bien passé 3 mois ici.
Les adieux ont été longs, chaleureux et agréables.
Ayant patienté deux mois, j’ai pris énormément de plaisir à donner les premiers coups de pédale, c’est comme si d’avoir attendu autant de temps rendait la chose encore plus savoureuse.

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